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Témoignage
d'une aide soignante

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Mission Flash…Toujours suspendus!

Aide soignante
Gard 30

Série témoignage 83

Suite à la conférence de presse du 11 juillet.

Suspendue en septembre 2021, je vous apporte mon témoignage et ma réflexion dans cette période douloureuse.

En début d’année 2021, quand la vaccination COVID a commencé, on nous avait prévenus que cela n’empêchait ni la contamination, ni la transmission.

Ma surveillante a été testée positive après ses injections et suite à une prise de sang, elle a été surprise de comprendre qu’elle n’avait développé aucun anticorps.

Les premiers effets secondaires graves sont apparus, Astrazeneca a été suspendu. Autant de raisons qui m’ont passé l’envie d’aller me faire injecter.

De plus, j’ai trouvé des témoignages de grands scientifiques spécialisés dans l’ARNm qui semblaient dire que ces produits pouvaient être dangereux. Je savais qu’en tant que soignante je risquais d’être soumise à un vaccin. Après que mes amis m’ont expliqué la différence entre l’ARNm, l’adénovirus et le virus inactivé, je m’étais simplement dit que je choisirai plutôt le vaccin à virus inactivé de Valneva.

En mars 2021, mon mari a contracté le variant Anglais, moi puis mes enfants, nous avons tous été positifs avec des symptômes type état grippal, rien de bien méchant.

Étant soignante, on m’a immédiatement signifié que je pouvais travailler car il ne fallait pas provoquer de pénurie de soignants parce que j’étais parfaitement formée aux gestes barrières et que j’avais les équipements pour protéger mes patients. J’ai refusé de reprendre avant la fin de mon isolement pour m’occuper de ma famille et mon employeur n’a pas souhaité non plus que je reprenne plus tôt.

Quand le président Macron a évoqué l’obligation vaccinale des soignants en juillet, je me suis effondrée, il avait lui même dit que ça n’arriverait pas. Je ne pouvais pas y croire parce que cette mesure était injuste sur plusieurs plans, ça allait contre tant de droits et de loi.

J’ai martelé à mes collègues que ces lois sur le pass sanitaire et l’obligation vaccinale ne pouvaient pas passer, ne devaient pas passer. C’est en pleurs que je leur ai dit que, ce qui se passait, était extrêmement grave pour nous et nos enfants et dépassait largement le problème du pour ou contre la vaccination.

J’ai demandé une disponibilité en précisant que je ne pouvais pas donner mon consentement libre et éclairé pour ces injections et que je souhaitais attendre le vaccin Valneva (qui, à ce moment-là, devait sortir en décembre ou janvier), on me l’a refusé.

J’ai finalement été suspendue le 21 septembre 2021 par mon DRH qui m’a reçu comme une pestiférée dans le poste de sécurité devant un agent malgré mon test négatif du jour.

Quand les larmes sont venues, j’ai décidé de les déverser pour qu’il réalise le mal qui était fait.

Je l’ai supplié de garder mon poste que j’avais eu tant de mal à obtenir 1 an plus tôt après 20 mois de CDD. Je lui ai demandé s’il était sûr de ne rien pouvoir faire malgré les injustices qui étouffaient ces lois mais encore une fois, il m’a seulement dit qu’il n’avait pas le choix, qu’il appliquait justement ladite loi.

Le 12 juillet 2021, c’est comme si mon monde se disloquait, je ne voyais plus d’avenir possible, ni pour moi, ni pour mes enfants.

Je ne pouvais pas croire que ça allait durer, je pensais vraiment que c’était un mauvais rêve mais qu’on était en France et que rien que cela était un gage de confiance en l’avenir.

Je suis allée voir un médecin qui voyant mon état a décidé de me mettre en arrêt maladie parce qu’en effet, je n’étais plus apte à rien du tout.

J’ai passé tout mon temps à dormir et à pleurer. Quand mes enfants étaient là, je les regardais en me demandant quel avenir j’allais leur offrir, à m’en vouloir de les avoir mis au monde pour leur faire vivre le chaos.

Mon grand-père est décédé en novembre de complications en lien avec son affection au COVID en étant doublement injecté. Il a fallu endurer l’humiliation du test payant pour pouvoir prendre le train et le stress incontrôlable du passage de la frontière pour nous rendre à ses obsèques aux Pays-Bas.

Il est terrible ce sentiment d’être une pestiférée où que l’on aille.

Je n’ai pas prolongé mon arrêt de travail après les fêtes parce que je devais impérativement me relever, trouver un travail quel qu’il soit afin de sortir de mon état mortifère.

Ma maison était vendue et je devais trouver un nouveau logement, chose improbable sans salaire.

« Par chance », la fille de mes voisins m’a contaminée et j’ai obtenu un certificat de rétablissement fin janvier 2022.

Bien que sa réduction à 4 mois soit passée le 14 février, je n’ai pas obtenu les 6 mois de sursis initiaux mais bien 4mois.

Je n’avais pas vraiment envie de retourner au travail mais pour ma location, c’était inespéré.

À ma grande surprise, j’ai été très bien accueillie par mes collègues, même félicitée par certains.

Connaissant évidemment mon positionnement, beaucoup m’ont confié leurs effets secondaires, parfois graves et leur colère d’avoir dû faire la 3ème dose en janvier. Ils ne veulent pas de la 4ème et aimeraient tellement avoir pu résister aux 3 premières.

Contrairement à ce qui se dit dans certains médias, les soignants veulent le retour des non-vaccinés parce que pour eux ça serait la résiliation de leur abonnement vaccinal.

À peine revenu au travail, mon planning affiché déjà ma future suspension. J’ai eu encore une fois la « chance » d’être contaminée et bien sûr sur mon planning, le 8 octobre prochain signe la fin de mon sursis.

Je réfléchis très sérieusement à une reconversion, c’est vraiment très difficile mais tellement nécessaire.

J’ai aimé retrouver mon travail, mes patients et mes collègues mais il est évident que tous sont en souffrance. Les démissions pleuvent et le manque de personnel se fait sentir, cela fait 1an que 22 lits sont fermés dans une structure qui se vantait début 2021 d’avoir des piles de CV sur la table.

Quelle surprise à mon retour de retrouver des collègues positifs et symptomatiques en poste alors que les patients positifs étaient toujours enfermés et isolés 21 jours au lieu de 10 en 2020.

Je vis avec une épée Damoclès sur la tête comme tous les soignants injectés ou non. Je ne sais pas quoi faire d’autres de ma vie parce que ce travail est une réelle vocation. Mais le temps passe, les faits et les effets sont là mais rien ne se passe, rien ne s’arrange. Mes amis suspendus vont certainement partir en Suisse pour reprendre un semblant de vie.

La blessure est béante pour beaucoup, le retour souvent impossible.

Je vis avec la peur au ventre pour moi certes mais par-dessus tout pour mes 3 enfants qui sont à mes côtés, me comprennent et me soutiennent mais n’en souffrent pas moins.

À 11, 8 et 4 ans, ils devraient vivre dans l’insouciance et pas dans cette injustice, ces privations, dans cette perpétuelle violation de nos droits, dans la maltraitance quotidienne des diverses obligations et restrictions à l’école et à la ville pour un virus qui ne les touche que superficiellement. Je ne veux plus avoir cette menace d’injection sur nos tempes. C’est comme ça que je le ressens.

Je pense tous les jours à mes collègues suspendus, je m’estime chanceuse, mon mari travaille et nous avions de l’argent de côté.

Je pense tous les jours à mes collègues injectés qui doivent vivre avec les conséquences parfois dramatiques sur leur vie.

Je suis triste et en colère, ces émotions ne me quittent plus.

Ma famille, mes patients, ma foi m’aident à tenir, encore une fois, je suis chanceuse.

Certains jours, je me remets à croire à de meilleurs jours… Un meilleur avenir… Certains jours…

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